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RTR - RUSSIANTEAROOM GALLERY

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« L’ELEGANCE »

20 janvier – 11 mars 2017

avec les œuvres de :

Roger SCHALL, Antanas SUTKUS, Pavel BANKA, Philippe TARABELLA, Igor SAVCHENKO, Laurent FIEVET, Sergey MAXIMISHIN, Igor MOUKHIN, Evgeny MOKHOREV, Vadim GUSCHIN, Alexander SEMENOV, Olga FEDOROVA, Oleg DOU, Dmitry SOKOLENKO, Shunsuke OHNO, Ilya DOLGOV, Katerina BELKINA, Ilan WEISS,  Anna DANILOVA, Nicolas TOLMACHEV

 

Pour sa nouvelle exposition, la galerie RUSSIANTEAROOM se lance dans une chorégraphie, dont le motif principal est ‘’L’Elégance’’.

Essentiellement photographique, ponctué de quelques touches dessinées, ce portrait qu’on veut dresser est un portrait impossible car fugace. C’est une question de goût, d’époque, de sensibilité de spectateur. L’élégance, c’est quelque chose de personnel et d'intemporel à la fois. Etudions...

 

Sans élégance du cœur, il n’y a pas d’élégance.

Yves Saint-Laurent

Dos droit, regard froid et un peu mystérieux, posture d’un être inabordable, coupe simple, matières nobles, souci du détail, blanc immaculé, accessoires discrets – d’emblée, quand on parle d’élégance, on pense à la mode plutôt féminine, ou à celles qui savent la porter.

L’élégance est une notion énigmatique, un peu comme l’âme.

Tout le monde en parle, mais personne ne pourra vraiment la décrire, simplement, scientifiquement. Et pourtant, les magazines de mode sont faits pour nous l’enseigner, comme une matière scolaire. Hélas ! On peut parvenir à effacer les rides, apprendre à marcher dos droit, s’acheter les plus beaux habits – et pourtant l’élégance ne vient pas ! Cette qualité tant vénérée ne s’explique pas, c’est une mélodie intérieure,  simple et sophistiquée à la fois.

L’exposition ‘’Elégance’’ est une étude de cas, un survol lyrique, une promenade dans une boutique luxueuse, où l'on se permettra d’effleurer les vêtements accrochés, les sentir au toucher, mais sans aller plus loin ni se les offrir...

Pour parler d'élégance, la photographie, me semble être le médium privilégié. Qui mieux que la photographie capte la pose, l’attitude, l’esprit, visible et caché. La photographie reste un médium de l’instant, et donc de la sincérité, où chaque artifice sera d’autant plus visible, en relief. ‘’Sans élégance du cœur, il n’y a pas d’élégance’’, ces mots d’Yves Saint-Laurent donnent à la photographie une carte blanche. Alors, avec son aide, et de petites interventions discrètes du dessin, essayons de comprendre l'élégance...

Ce qui est étonnant en premier lieu, c’est une certaine ‘rigidité’ des sujets, animés ou pas ; les femmes se figent dans une pose de la même manière qu’un choux oublié sur un banc ou la méduse flottant dans une eau à moins 1  d'Alexander Semenov, c’est la parade du charme et de la grâce. On dit qu’une personne peut être élégante indépendamment de son statut social, que l’élégance n’est pas réservée qu’aux privilégies. C'est l’élégance même qui  vous distanciera du reste des mortels, en vous mettant sur un piédestal inaccessible.  Si vous trouvez votre règle d’or – et si vous possédez ce jenesaisquoi - vous rejoignez Coco Chanel, même si vous êtes juste une simple et modeste herbe en fleurs d'Ilya Dolgov.

Les artistes présentés par Russiantearoom traitent l’élégance sous des formes différentes. Ce qui les réunit – c’est la poésie frêle, comme chez Pavel Banka, où les objets les plus triviaux habillent beaux visages et corps, et l’élégance passe par ces compositions;  ou comme chez Philippe Tarabella, promeneur parisien, amoureux  d’inattendu.  Dans leurs expressions, certains regardent le monde avec humour tendre, à l'image de Sergey Maximishin, l'un de plus importants photoreporters russes avec ses nouveaux-nés hommes d’affaires provinciaux, ou ses vrais businessmen moscovites en pose de Rodin, dans un sauna. Et les aquarelles sublimes du jeune, encore étudiant des Beaux-Arts de Paris, Nicolas Tolmachev, qui met facilement en couple la belle du XVIIIème et la bête extraterrestre. Les portraits très officiels de Coco Chanel et Marlène Dietrich, saisies par le très célèbre photographe des années 30, Roger Schall, les présentant comme ce qu’elles étaient – Icônes du style - voisinent avec le travail ironique et fin du japonais Shunsuke Ohno, qui reprend les clichés de mode, les rephotographiant sous une autre lumière et les recadrant, ainsi modifiant l’équilibre de l’image initiale et son message.  Et l'œuvre vidéo de Laurent Fievet, un montage à partir d'une petite séquence d'un film classique hollywoodien, quelque part à mi-chemin entre l'admiration devant la beauté de constructions si lisses et l'ironie discrète devant les canons d'un produit. Sur les photographies de Katerina Belkina, gagnante du dernier prix Hasselblad Masters, on plonge dans la belle froideur des maîtres flamands et leur composition classique (élégance assurée !),  qui sert de forme pour parler du quotidien d’une femme moderne. A l’opposé des ces clichés purifiés, les lituaniens d’Antanas Sutkus, de l’époque soviétique, gardent leur dignité élégante dans toutes les circonstances, la portant comme une résistance au régime. Un petit saut dans le temps – et voici les vestiges de ce même régime : les sculptures, omniprésentes autrefois, se dégradent sous l’objectif d’Igor Moukhin, qui réussit à capter ce qui reste de cette fameuse fierté des gagnants. Qui conversent avec les corps musclés, vivants, et sculpturaux des danseurs de Mariinsky, par Evgeny Mokhorev, qui dans ces poses classiques expliquent les bases du ballet (qui était, à ses débuts, exclusivement masculin). La simplicité des leurs gestes rime avec la pureté des livres rangés de Vadim Gushchin, dont on entend presque la musique de la poussière qui tombe sur eux. Intemporel Livre, tout russe se souvient de la fameuse sentence de Boulgakov  - ‘les manuscrits ne brulent pas’, - nous ouvre la porte vers l’éternité. Que quelques artistes traitent comme la modernité, urgente. Oleg DOU, et ses portraits-masques de beauté, irréprochables et sans âme. Olga Fedorova, auteur des mondes synthétiques, fruits de son imagination, de ses observations et de ses rêves. Ou encore Dmitry Sokolenko, en poète-mathématicien, condense l’univers en champs sémantiques, en images. Paris Hilton, l’icône d’anti-élégance, est résumée en deux demi-cercles, eux, assez élégants...Les lignes qui rejoignent  les courbes  des nus d’Anna Danilova et des paysages d’Ilan Weiss,

Ainsi, notre exposition veut parler d’élégance, des sujets, des œuvres, mais également de l'élégance du geste de l’artiste, qui recadrant le Cosmos, coupe l’inutile, le vain, et tente de s’approcher de l’ultime élégance - l'immortalité…

 

 

 

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