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RTR - RUSSIANTEAROOM GALLERY

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Nabokov Code
Zizou
XIX
Morphology of Red Episode 1


« On peut définir l'oeuvre de Dmitry Sokolenko comme la photographie conceptuelle dans le cadre de laquelle il a élaboré un procédé artistique original. Ses travaux semblent suivre la tradition de Vassili Kandinski. De manière analogique Sokolenko travaille avec des formes simples, le point et la ligne sur un plan, en utilisant une quantité limitée de moyens visuels. Cependant ses principes s’en distinguent foncièrement. L'auteur caractérise lui-même sa position créative comme "un lecteur" en soulignant l'importance du composant verbal. Le titre de l'œuvre (soit le texte verbal qui définit la conception et donne les limites de sa lecture) et la photo (soit le texte visuel qui illustre la conception) se produisent comme les deux parties réceptrices de la signification mais seulement dans leur réunion. Entre le nom et l'image, il y a des relations sémantiques complexes qui engendrent un nouveau message de plus haut niveau.

La tâche formulée dans la conception de l’œuvre peut se décider à travers l'utilisation de techniques diverses (la peinture, l'installation etc). Mais c’est l'exploitation des moyens photographiques pour la création de cette manifestation artistique qui donne une nouvelle qualité à la tâche conceptuelle. Comme résultat nous découvrons un effet de « chasse à l'objet », objet avec lequel la rencontre devient imprévisible, et les recherches d’une matière graphique concrète demandent assez de temps. Le choix engendre les mécanismes irrationnels de l'inspiration, il a un caractère accidentel et subjectif. Dans cette situation, il est nécessaire de rencontrer et, c'est l'essentiel, d’identifier l’image décrite par le sujet et sa conception. Un spectateur voit en premier les formes universelles qui pourraient être tout et n'importe quoi. Par exemple, il pourrait voir la photographie d’un panneau publicitaire, prise par un appareil d'amateur, le dessin d’une boîte pour chaussures ou une composition scannée d’un paquet de cigarettes - dans tous ces cas, le spectateur ne connaît pas l'origine de l’image qu’il voit.

Le mouvement du peintre vers sa méthode créatrice personnelle a commencé dès le passage de la photo classique à l'utilisation de la macrophotographie (cela est conditionné par la participation professionnelle de l'auteur à la microbiologie). Après ses expériences, grâce aux prises des micro-organismes, l'auteur a trouvé la voie conceptuelle en photographiant la forme devinée sur les ailes des papillons attrapés par le grand écrivain russe et américain Vladimir Nabokov. Cette série «le Code de Nabokov» a été faite spécialement pour le Musée de l'écrivain, dans l‘ancienne maison de sa famille à Saint-Pétersbourg. Enfin, le procédé prend une forme, et l’artiste fait quelques séries d’images représentant la culture de masse contemporaine et ses personnages, John Lennon comme le piano blanc symbolique, Paris Hilton comme le rejaillissement rose glamour et le zigzag de Zinédine Zidane, toute une série des photos «ZIZOU» (2006) est consacrée a ce footballeur.

Dans ses derniers travaux, l'auteur atteint un nouveau niveau de généralisation. Dans le dernier projet «LETOV» (2008) Sokolenko découvre la conscience de sa génération au travers du langage mythologique du rock russe. Le composant textuel du signe rejoint ici un nouveau développement. Les titres des travaux sont des lignes de chansons du punk rock, chaque citation a un sens personnel et attire le contexte total de la chanson, lignes souvent différentes. C’est par le codage double que ces oeuvres font appel aux souvenirs de sa jeunesse et au raisonnement du développement social.

Une place spéciale dans l'oeuvre de Sokolenko occupe le projet «XIX» (2007) consacré à l’interprétation des voies du développement de la littérature russe. Les oeuvres de la littérature classique de XIX siècle qui sont déjà une chrestomathie («La Guerre et La Paix» de Tolstoï, «Le Crime et Le Châtiment» de Dostoïevski etc) donnent leur nom à 12 travaux du cycle. L'auteur aligne la succession des photos selon la chronologie de création des livres. Le recours aux plus importantes oeuvres actualise des points douloureux qui sont devenus clés pour la mentalité russe. Une personne et la société, le remplacement des générations, la relation entre la Russie et l'Europe, l'âme énigmatique russe et le déséquilibre de la vie sociale dans l’Etat, la raison et la folie … La série s'ouvre par l’image avec une sphère qui ne peut pas s'inscrire dans toutes les cellules carrées du réseau unifiant. Cette image correspond au héros agité de la pièce «Le Malheur d'avoir trop d'Esprit (Le malheur dû à l’Esprit)» d’Alexandre Griboedov, le diplomate russe, tué à Téhéran. Le premier tableau se lie avec le dernier, inspiré par la nouvelle de Tchekhov «La salle numéro six» où il s'agit de l'asile d'aliénés. Le début et la fin du cycle ferment le cercle et créent l'effet de la rotation sémantique – semblable à la course des aiguilles qui font le tour du cadran. »

Dr Artyom Magalashvili, critique d'art
 

Dmitry Sokolenko, from "Zizou" series, "The Gift", 2006
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Dmitry Sokolenko, from "Zizou" series, "Sign and Symbol", 2006
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Dmitry Sokolenko, from "Zizou" series, "Contrapposto", 2006
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Dmitry Sokolenko, from "Zizou" series, "Zeitgeist", 2006
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Dmitry Sokolenko, from "Zizou series", "Downfall of the Third Reich", 2006
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Dmitry Sokolenko, from "Zizou" series, "John Lennon", 2006
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Dmitry Sokolenko, from "Zizou" series, "Great Chinease Potency", 2006
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